lundi 11 août 2008

Mal comme... Dialogue in

Que tu le croies ou non, en vacances, je suis toujours un peu…


Bercée par la merveilleuse mélancolie,

Mal comme…


Et tout au bout du jour, quand il décline…

Et si tu voyais ce que j’ai vu ces dernières semaines.


Une telle chance que c’en est presque injuste…

Les photos prises dans le torrent, deux femmes nues dans la montagne, on se serait crues…


Je ne sais pas.

La tension, les regards derrière mon épaule, alors que penchée sur l’écran, je…


Peut-être aurais-je dû repartir.

J’ai le cœur au bord des lèvres.


Lesquelles ?

Je n’ai pas fait exprès, trompée de proportions.


Et le ciel est un feu qui meurt, sous le gris rosé des cotons envolés vers l’est.

Une houle formidable,


propre à faire vomir n’importe quel cœur un peu fatigué.

Propre à faire exulter un corps en mal de sensations.


Propre à donner une bonne raison de pleurer.

Ma main parcourt,


vaguement étonnée,

cette partie protégée depuis des années, qu’une inadvertance de ma part


–erreur de proportions-

a découverte.


On dirait une joue de bébé.

Tapoter gentiment d’eau fraîche, je ne reconnais pas cette bouche qui est mienne.


Si vulnérable,

si vénérable.


Tous les mots en able sur elle auraient leur place.

Qu’est-ce qui donne l’envie d’aimer quelqu’un ? le défendre inexorablement contre un autre aimé ?


et si le temps m’offrait, l’aumône de lui-même…

je l’utiliserais…


rester assise sur mon sexe nu,

collée au carrelage rouille du sol encore chaud de cette journée et


regarder le ciel en fusion se couvrir d’ombres,

ouvrir les jambes et remplir mon corps de vent d’est, ne garder que le pull blanc,


seule tâche sur la rouille du sol.

A cette heure-ci, le lion boit-il ?


A cette heure-ci, la lune est voilée de rose.

A cette heure-ci, le chat converse-t-il sur une ibérique plage ?



À aimer ce que tu es, à aimer ce que je suis, en somme, aimer ce que nous sommes…