mercredi 11 juin 2008

Double you

J'avais pensé à Docteur Jekill et Mister Hyde. J'avais pensé à l'autre. Aux autres. J'avais pensé au plein et au vide.

Sans réussir à me concentrer, je pensais laisser mes mains taper contre le mur, jusqu'à ce qu'il disparaisse. Je pensais tordre ma main en me disant que peut-être l'eau qui me trempait, j'avais honte, allait sécher plus vite.

Les pieds dans un trou, j'ai pensé un moment appeler "Maman!" en me mordant les lèvres. Parfois, je me sens seule.

Alors je regarde le mur et je pense que je dois avoir tort de me couper les ongles, et qu'un espace de lambeaux existe bien dans chaque vie, pourquoi pas le rendre visible dans sa maison?

La tête dans la buée, j'ai pensé aux fragments, aux chainons manquants, aux lignes brisées par une percée incertaine et désordonnée.

J'avais pensé au double, me promener sur un vaste plateau de jeu d'échec en passant sans cesse du noir au blanc. Je pensais à nos voix intérieures, à nos voies divergentes.

Notre double nous double-t-il?