vendredi 6 juin 2008

Et cri

Il arrive ce temps suspendu entre deux respirations. Entre deux expiations. Entre deux expirations.

Bizarrement, il se dilate, ce temps entre deux inspirations.

Envie de l'avaler cette goulée d'air inspiré et expier dans l'écrit. Et l'expirer dans les cris.

J'aime jouer avec les mots.

Alors peut-être revenir à l'essentiel. Retrouver le goût des mots et l'odeur de l'encre. Je l'ai déjà dit cet amour de l'écrit et je crie de moins en moins. Et je crie ici encore et encore et j'écris de moins en moins.

Et puis j'aime lire aussi. Et bougez les lettres et vous verrez que "lire" se lit "lier" aussi. Et j'aime être entravée par mon écriture serrée et nerveuse et m'encorder dans une allonge à l'encre de Chine, dans le rouleau de corde relâchée d'une écriture juvénile que je n'aurais pas soupçonnée chez un être plus vieux.

Le temps suspendu entre deux inspirations se dilate dans les mots allongés sur un drap blanc de paraffine.

Le temps suspendu entre deux expiations se cogne aux parois de nos espaces virtuels.

Le temps suspendu entre deux expirations se dissout peu à peu dans une lecture de bulles. Un moment existantes, l'autre éclatées et remplacées par d'autres.

Le temps suspendu entre deux aspirations attend à la frontière.

Je me dis...

Douanier des mots, c'est joli...

Doux à nier...