jeudi 5 juin 2008

Vu d'ici

Vu d'ici, tout semble si simple...

Pas de confusion, une vue dégagée sur un ciel limpide et un soleil aux débuts moins qu'hésitants.

Vu d'ici, tout semble si clair...

Juste sentir la raideur de mon dos et le sourire qui monte à mes lèvres, comme ça sans raisons particulières. Un peu de cordialité, une sorte de douceur dans cette vie tendue à la brisure des corps et des âmes. Et la vôtre et la mienne, si proches et si éloignées.

Vu d'ici, tout semble si souple...

Souple comme mes bras qui se faufilent comme des serpents sur mon ventre au lever du jour pour que mon réveil soit doux et chaud et humide. Humain en quelque sorte. Pour me sentir humainement libre, vivante et éveillée en mon corps et consistance plus qu'en mon âme et conscience.

Vu d'ici tout semble si futile...

Ne pas déplorer les absences. Ça c'est fait. Je ne crains pas les arrivées et ne redoute plus les départs. Juste savoir s'ouvrir, ouvrir les portes de son sexe et entrebâiller les persiennes de son âme. Et pas l'inverse me souffle le dragon par la bouche de Quisas.

Vu d'ici, tout semble si trivial...

J'observe les arbres tous les matins dans le jardin des Plantes. Le cerisier à fleurs blanches me murmure sans cesse "Bientôt" et j'ai rêvé cette nuit que bientôt c'était maintenant, que seule sous sa ramure je me promenais sans vêtements. Vêtue de gouttes d'eau et drapée de frissons je me roule dans la terre humide et froide.

Vu d'ici, tout semble si neuf...

Paradoxe. Par la solitude redécouvrir son corps, se réintégrer. Jouir comme un acte d'enfantement, le réinvestissement dans sa propre chair. Et ça fait du bruit. Râles et hurlements combinés. Respiration saccadée. Paradoxe de se réveiller solitaire quand on jouit en rêve de s'être fait l'amour...

Vu d'ici, tout semble prêt.