vendredi 30 mai 2008

Abre los ojos part 4

C'est alors que de rasant le sol, le bras s'y est frotté, découvrant alors sous la peau en lambeaux la travée des réseaux de veine, l'enveloppe envolée, reste la structure vivante. Main tendue vers l'extérieur, en désir, en direction. Se refermant sur quelque chose d'indéfini, à la recherche d'un corps enveloppant. Les doigts ont senti la densité et l'on saisie, la montant aux yeux fermés, aux lèvres sèches. Et l'ont gardée.

Il a fallu inspirer à fond. Abre los ojos. Tout pareil.

Abre los ojos part 3

C'est alors que de rasant le sol, les yeux se sont ouverts. Rouges. Se sont vite refermés. Protégeant l'âme du monde extérieur. Renvoyant les craintes au placard de ce qui ne se dit pas, ne s'assume pas. Toutes pensées confondues. Comme quelque chose qu'il vaut mieux passer sous silence. Comme tant de choses. Et l'âme s'est réfugiée dans un espace sombre avant de s'exposer. Par les fentes des yeux qui se protègent.

Il a fallu lâcher du lest. Abre los ojos. Tout pareil.

Abre los ojos part 2

C'est alors que de rasant le sol, le dos s'est ouvert en deux, déchirant le tissu le coton la peau. Ont poussé, les ailes, au vent portant. Le sang a séché, les lèvres n'ont toujours pas cicatrisé. Et le corps s'est libéré de l'attraction de l'asphalte. Par à-coups d'ailes lourdes et disproportionnées. Levée dans un crépuscule bleu et gris.

Il a fallu passer la honte. Abre los ojos. Tout pareil.

Abre los ojos part 1

C'est alors que de rasant le sol humide et chaud, aspirant avec difficulté l'air brûlant, les lèvres se sont ouvertes, craquelées. Ont pissé le sang, fendant le sourire timidement triste, rougissant le blanc de l'œil pour cause d'auto-morsure. Comme un truc qui fait mal en dedans. La perception du sol sifflant sous le corps lancé à toute allure est insupportable. Comme le fil d'une lame à un battement de cils de la poitrine.

Il a fallu se jeter dans le vide. Abre los ojos. Tout pareil.