mercredi 14 mai 2008

Rien que le vent

Moi je l'aurais crue moins sage. La fille.

C'est le vent Betty, rien que le vent

C'est un parfum extraordinaire. On dirait du sable. Promener la joue, la commissure des lèvres, effleurer, comme je suis douce, c'est à peine croyable.

Moi je l'aurais cru moins timide. La fille.

Une peau qui se cache, un souffle court, je n'y crois qu'à moitié.

C'est le vent Betty, rien que le vent

Alors qu'il suffit juste de tirer la langue, faire la nique -oui oui- et s'en moquer du reste. Tirer la langue et parcourir le dos tendu. Mordre à pleines dents le muscle durci, et l'embrasser ensuite, jusqu'à sentir sa détente.

Moi je l'aurais cru moins douce. La fille.

Puis-je lâcher un cri dans une étreinte? Une gifle dans un battement de cils? Puis-je avoir ce droit? Qu'est ce qui compte?

C'est le vent Betty, rien que le vent


Laisser dire et faire. Elargir les bords. Attendre. Être là. Vêtue. Nue. Disponible.

Moi je l'aurais cru moins lisse. La fille.

Marcher dans Paris la nuit. Au joli mois de mai, les bancs se peuplent. Marcher dans Paris une nuit. Avant l'orage. Sentir la chaleur monter du sol et la fraicheur tomber du ciel. Être le flux. Marcher. Je t'aime contre ce mur noir de tags d'un autre âge. La révolte?

C'est le vent Betty, rien que le vent