vendredi 28 mars 2008

Il s'agit(e)

Il s'agit de souffler légèrement, faire s'envoler les grains de poussière dans le rai de lumière que tu vois sous la porte.

Dégager les lattes du parquet, les gratter avec les ongles et sentir la pulpe de tes doigts se gonfler d'effort, le picotement, l'afflux du sang, les échardes.

Il s'agit de te mettre à genoux face au mur et d'y passer la main, d'en sentir les aspérités, de sentir avec ta peau la densité de la matière. Ce qui tient debout.

Laisser ton corps pendre, qu'à peine tes pieds effleurent le sol, et te laisser balancer au rythme de ton souffle.

Il s'agit de pencher la tête en arrière, dans ce vide tout relatif qui la sépare du sol, d'être lourd, un corps mort. De voir le monde à l'envers.

Ouvrir les yeux et mater. Mater, marcher, encore mater. Lever légèrement ta jambe et la lancer en avant. Les yeux ouverts.

Il s'agit de laisser crisser quelques grains de sable entre tes dents. De passer la langue sur les lèvres. Humecter ce qui est sec.

Passer ma langue sur ton œil. Ta langue sur mon œil ouvert.

Il s'agit de passer la tranche de la main entre... Entre...!

Faire l'amour...