lundi 12 mai 2008

Et que je t'envoie valser tout ça

Et pourquoi que vous y auriez pas droit au vrai cuir, vous aussi? et au compte-tours, et à tout le reste? Qu'est-ce que vous attendez tas de feignants, pour franchir la bande jaune et rouler à gauche? C'est le manque de visibilité qui vous panique? Vous préférez attendre peinards la fin de votre crédit pour caner bêtement, essoufflés en haut d'une côte, avant même d'avoir eu le temps de le faire ce fameux rodage de soupapes que vous recommande votre garagiste, un voleur en qui vous avez toute confiance, un souriant, le copain d'un de vos amis?
Non, croyez-moi, piquez une brique à votre patron, il s'en apercevra pas, signez un grand paquet de traites, mais ce coup-ci voyez grand, achetez une Porsche, puis barrez-vous à l'étranger, en règle, avec la carte verte et tout, comme un brave touriste.
Et revenez pas.
Au Portugal vous serez les rois, en Algérie ou n'importe où. Par contre, si vous craignez le mal du pays, si vous pouvez pas vous passer de la France - et Dieu sait si on comprend ça tellement que c'est un bled inoubliable - alors n'hésitez pas, prenez le maquis, venez nous rejoindre: d'abord vous risquer de sauver deux vies humaines, les nôtres, parce qu'à plusieurs on sera les plus forts, et puis sans blague, on fera une sympathique petite armée, unie comme un seul homme, vu qu'on partagera tout: la bouffe, le blé, les culs.

Les Valseuses, B. Blier

1 commentaire:

anakin a dit…

Je dis que c'était bien le cinéma avec des dialogues et une écriture chiadés !