vendredi 28 mars 2008

Il s'agit(e)

Il s'agit de souffler légèrement, faire s'envoler les grains de poussière dans le rai de lumière que tu vois sous la porte.

Dégager les lattes du parquet, les gratter avec les ongles et sentir la pulpe de tes doigts se gonfler d'effort, le picotement, l'afflux du sang, les échardes.

Il s'agit de te mettre à genoux face au mur et d'y passer la main, d'en sentir les aspérités, de sentir avec ta peau la densité de la matière. Ce qui tient debout.

Laisser ton corps pendre, qu'à peine tes pieds effleurent le sol, et te laisser balancer au rythme de ton souffle.

Il s'agit de pencher la tête en arrière, dans ce vide tout relatif qui la sépare du sol, d'être lourd, un corps mort. De voir le monde à l'envers.

Ouvrir les yeux et mater. Mater, marcher, encore mater. Lever légèrement ta jambe et la lancer en avant. Les yeux ouverts.

Il s'agit de laisser crisser quelques grains de sable entre tes dents. De passer la langue sur les lèvres. Humecter ce qui est sec.

Passer ma langue sur ton œil. Ta langue sur mon œil ouvert.

Il s'agit de passer la tranche de la main entre... Entre...!

Faire l'amour...





mercredi 26 mars 2008

Chilienne, flaque, vie, côté, autre

Je voudrais bien passer ma joue sur le mur rose aux quatre fenêtres, j'ai lu quelque part ce joli jeu de mots "chilienne de vie"...

C'est gris-saumon ce matin, je me suis baladé avec un poisson qui vole sur le sable et une clarinette dans la bouche.

De l'autre côté de la flaque... C'est de quelle couleur?
Qu'est-ce que c'est que ces noms bizarres de pays... Chubut, Patagonie...
Aucun risque de gris-saumon. Je les vois en vert bouteille.

Je voyage sur place.
J'avance à pas feutrés sur un toit en pente, gris. Comme si je me brûlais les coussinets. C'est moi la chatte sur le toit brûlant. Et je vais passer ma joue sur le mur rose aux quatre fenêtres. Je suis sûre que de l'autre côté de la flaque, le poil est dur, encore pour quelques jours.
Je le sens en noir ébène.

Derrière les grands brins d'herbe qui me baladent d'une colline à l'autre, je le vois, qui se balance, tranquille sur les rails.

Mon cheval à bascule.

vendredi 21 mars 2008

Le vent et la grand-mère

Deux grands-mères sorties du Franprix Boulevard de Charonne, Paris XXe, 10h00

"Bonjour madame
- Bonjour madame. Vous allez bien?
- On fait aller par ce vent...
- Oh ça oui alors, un vent à décorner les cocus!!
- On disait pas les bœufs dans l'temps?
- Si si..."

mercredi 19 mars 2008

ça c'est un baiser

ouh là là...

Non, vous voyez là, j'en suis encore toute chose... Et oui.
Parce que, bon, d'accord ne tournons pas autour du pot pendant 107 ans.

Vous m'avez bien regardée? Vous me voyez bien derrière vos lunettes de myope? Vous avez vu comme j'ai l'air pimpante avec mon joli foulard, comme j'ai l'air studieuse avec mon cahier?
Comme le soleil de la Saint Valentin brille aujourd'hui à travers le double-triple-quadruple vitrage? Comme il vous caresse la joue, gentiment, sans forcer, c'est presque un clin d'œil complice qu'il vous lance.

Franchement, vous êtes pas bien là?
Vous êtes pas bien, bercé par ma voix, rythmé par mon pas fluide qui arpente le couloir étroit, mes petits billets doux à la main?

Vous les entendez bien ces petits mots que je passe d'un wagon à l'autre? Ils sont chouettes, non?

Quand tout à coup...



...

Que crier d'autre...

A part ce que vous voulez...


photo prise le 14/02/08 par high kone

mardi 11 mars 2008

Les trois céciles

Parce qu'à la fin j'aurais compris qu'il faut écarter avec les doigts les mailles du grillage, même si ça saigne, même si ça pique, même si ça coule. Je pendrai mes jambes à ton cou et prendrai tes ongles dans ma bouche.

J'ai rêvé de toi aujourd'hui vieille mémé, ton chignon défait et tes yeux ternes aux paupières tombantes. J'ai rêvé de toi, prisonnière de ton poulailler.

Parce qu'à la fin j'aurais compris qu'un jour tombera en poussière le grillage à poules. Il y a très longtemps, je me suis cachée dans le tas de charbon.

J'ai rêvé de toi aujourd'hui vieille mémé, ton tablier bleu passé et ta jambe à la cicatrice béante. J'ai rêvé de ce jour, je n'étais pas née, où tu as construit une cachette sous le tas de charbon.

Parce qu'à la fin j'aurais compris que les vies tournent en boucle et qu'une cécile peut en cacher deux autres. J'aurais connu trois générations avant moi.

J'ai rêvé de toi aujourd'hui vieille mémé. Ta fille va bien. Ton arrière-petite fille aussi.
J'ai pris la pelle et j'ai ouvert le coffre plein de graines. J'ai nourri tes poules.

Dans le grillage, j'ai vu une fente. De la taille d'une petite femme voutée.

jeudi 6 mars 2008

Vrac

Et tout commencer encore une fois. Comme une goutte qui peine à s'étirer entre la branche et le sol.
...
Encore, encore, encore...
...
J'ai toujours eu les yeux plus gros que le ventre. Ce qu'il y a ... ce qu'il y a c'est que moi...
Non c'est pas ce que je veux dire.


Entre le sol et la branche s'étire l'immensité transparente de ma goutte. Qui cherche ta bouche aspirante.

Encore, encore, encore...

J'attends tout. La lumière écrasante et molle. Je marche sur les mains et je ne vois plus que ma robe noire retournée sur mes yeux fermés.

Une goutte. Entre ma fente et ta bouche.
...
J'attends la route. Infinie destination.
...
J'attends le jour. En dormant.

Encore, encore, encore...

J'attends que le temps n'existe plus et que le monde ne me réponde plus. Cette sensation infernale de calme. Rester aux portes du désert et balancer mes jambes par la portière.

Une goutte. Entre ta fente et ma bouche.
...

Encore, encore, encore...

lundi 3 mars 2008

L'Elysée de ses rêves

A quatre pattes
J'te lape tes Nike et tes frocs
A quatre pattes
Tes rêves de plastoc
A quatre pattes
J'te brique tes biceps à tatouages
C'est moi Jenny la bimbo, oh oh, oh oh, Jenny la bimbo

A quatre pattes
J't'astique à fond tes breloques
A quatre pattes
Ta vie plaquée or
A quatre pattes
J'te coupe ta coke en bikini à paillettes
C'est moi Sandra la bimbo


Dans ta basse-cour, il y a
Des coqs, des poules polygames
Qui barbotent dans le jacuzzi
Panoramique
On parade en hélico,
En jet, en yacht, en limousine,
On garde ses lunettes de soleil
Pour dormir

A quatre pattes
Quand je me vois dans la glace
A quatre pattes
Dans mon string en strass
A chaque fois
C'est à quatre pattes que je trouve ma place
C'est moi Manu la bimbo, oh oh, oh oh, Manu la bimbo

A quatre pattes
J'me p'lote pour tes clips en toc
A quatre pattes
A poil au paddock
A quatre pattes
J'me frotte à ta clique en nage
C'est moi, Cindy la bimbo
Cindy la bimbo, bimbo


Dans ta basse-cour, il y a
Des coqs, des poules polygames
Qui barbotent dans le jacuzzi
Panoramique
On parade en hélico,
En jet, en yacht, en limousine,
On garde ses lunettes de soleil
Pour dormir


(A quatre pattes)
Oh yes I love you baby
(A quatre pattes)
I wanna be your dog
(A quatre pattes)
Suck my dick honey
(suck my dick honey)
With your sun glasses
(A quatre pattes)
To the star academy
(Je t'aime)
(Cindy la bimbo)
With your sun glasses
(Sandra la bimbo)
Paye ta chatte à la TV
(Manu la bimbo)
With your sun glasses
(Cindy la bimbo)
J'me la pète avec Johnny
(Johnny)
With your sun glasses
(Tu me prêtes tes lunettes ?)
(Sandra la bimbo)
Fuck me
(Cindy la bimbo)
With you

(A quatre pattes)


Claire Diterzi, A quatre pattes, Tableau de Chasse, Naïve