samedi 6 octobre 2007

SINDONEMO, Part II






Voilà.

Il faut revenir à l'essentiel. Quand vient le moment de...

De quoi en fait?

On n'en sait rien. On sait juste que quelque chose se passe.


Maintenant.



Il y aurait tant de choses, tant de visages, tant de mots. A compiler, à empiler les uns sur les autres.



Il y a un ronronnement régulier dans le ventre de la grosse femme.
La musique est bonne. Le fauteuil confortable et le ronron familier.

Comment tout cela a-t-il commencé?

Je suis comme la grosse femme attachée au trottoir. Entre deux. Ni tout à fait en mer, ni tout à fait sur terre. Je reste sur le bateau, comme si j'avais peur de descendre. Au chaud dans le ventre de la grosse femme. Je suis comme une bite qui aurait découvert l'intérieur de la femme pour la première fois. A la fois à ma place et pas chez moi. Entre deux.

J'attends que la connexion se fasse.

Il faudrait revenir à l'essentiel. Vider les placards et faire une grande braderie. Tout à 10 euros et ce qui ne part pas, on le jette.

J'apprends. A rester à quai. Et j'ai le mal de terre.


Je pense qu'il était temps. Et je sens que le départ est profond. Il faut prendre une grande inspiration avant de réaliser.

Tu sais, le temps de la dualité est passé. Il fallait partir pour apercevoir l'essentiel. L'unité de l'être. Comme la ligne d'horizon confondant ciel et mer par temps gris. On ne sait plus très bien.

Ce que je sais désormais, c'est que la liberté coûte très cher et que j'ignore si je peux en payer le prix.


L'éloignement, une forme pernicieuse de solitude, l'ennui parfois, les pensées qui tournent en rond.

Pour...

La vie en équilibriste à 45°, la vitesse du vent, le bruit des voiles, la force, le sang-froid et le détachement, l'intensité des moments.

J'ai tenu la barre, il y avait beaucoup de vent. On n'avait pas pu ramener le jennack, il trainait, gonflé d'eau par 15 noeuds de vent. "Tiens la barre!" Puis, je l'ai lâchée. J'étais sur le pont, il pleuvait et nous avons remonté la toile tous les trois.

Puis le calme est revenu. Mes mains tremblaient.

Après, nous avons bu du café et je suis rentrée dans le golfe, je tenais la barre, on avait ramené les voiles et le ventre de la grosse femme ronronnait.
Je tirais la langue et je devais me tenir sur la pointe des pieds pour voir le bateau qui me servait de repère.

Le tissu de l'existence est bien plus complexe que l'on ne veut bien le croire, il est riche de mille nuances, il est lisse par endroits, grainé aussi. Il prend la teinte du ciel qui se couvre et scintille par moments.

Il est temps de revenir à l'essentiel.

Revenir?