lundi 10 septembre 2007

The place to be

C'est un lieu, où il est absolument impossible de se concentrer. Trop de monde.

Et pourtant.

C'est un lieu, où il est absolument impossible de ne pas se sentir seul. Absolument seul.

C'est un lieu insupportable.

Et pourtant.

Ça commençait à bien faire de rester à attendre. Que le ciel me tombe sur la tête.
Je crois que la perte des derniers récits a été plus importante que je ne voulais le croire.
Comme si maintenant, une crainte s'insinuait dans chaque touche, lui conférant un poids particulier. Enfoncer à chaque appui de mes doigts sur le clavier, la possibilité de disparaître.

Et pourtant.

Bon nombre de ceux que j'ai cotoyé par l'écriture et la lecture, ont préféré migrer ailleurs ou carrément cesser d'écrire. D'un coup, ça devient vain cette histoire.
Il est impossible d'arrêter. Pourtant.

Alors, inlassablement, je retourne dans cet endroit moche et saturé de personnes. C'est un tout petit lieu.

J'y croise de drôles de poissons dans leur bocal téléphonique, des bébés sanglés aux poussettes qui crient parce qu'ils fait chaud depuis deux heures qu'ils sont ici, le temps que la connexion se fasse, qu'un poste se libère; parce qu'ils sont fatigués, qu'ils ont soif.

Je vois le parcours de guerre du jeune (très jeune) voisin qui parle au casque-micro. Comme dans une vraie mission au Proche-Orient.
Tête qui tourne.

C'est un peu vain tout ça.

Et pourtant...