vendredi 23 novembre 2007

Le pyjama

"Tu vois Titi, le lapin, 'faut l'attraper pis tu lui donnes un coup derrière la tête...
Mais non il tremble pas... enfin..."



Et vas-y que ça mijote, hop! hop! moutarde-crème fraiche... Hummm slurp gloups et toute cette sorte de choses.

Et puis qu'est-ce qu'il faisait chaud là-dedans, on avait les joues roses et les yeux brillants...



Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin



En réalité, je m'en fiche d'avoir vu l'emballage rouge Norme NF sur l'étagère. J'avais les seins comprimés par sa main et le souffle silencieux de son corps contre le mien. Mal au dos...
On avait les yeux qui piquent et les cheveux puants de fumée.
C'était un chouette moment et puis... Oh la la Machin va faire un tour tu vois pas qu'on joue à Tarantino? Les scènes de filles? Celles où l'on se raconte l'élan de nos sexes et le souffle de nos coeurs. A grand coup de "mother fucker"!! Faut y aller purée!!



"Bon! une fois qu'y bouge plus, tu le pends par les pattes.
Fais attention Titi t'approches pas ça coupe fort...
Tu vois? allez tire dessus. Enlève lui son pyjama"



Ben l'ambiance en fait, c'est plutôt comme à la maison. Ambiance dimanche après-midi. Ouais en pyjama toute la journée. Du coup je lui pique ses chemises.


Parce que je ne mets pas de pyjama moi héhé.

lundi 19 novembre 2007

Simple comme un coup de fil

"Allo?...
- J'ai une crise d'angoisse, je sais pas pourquoi..."


Et bien moi non plus, je ne sais pas pourquoi.
Ou peut-être que si. Finalement.

J'aurais bien aimé que les choses soient simples. Fluides.

J'aurais bien aimé un sentiment évident.

Et puis...


Le noir.
La fumée.
La poudre.

Un rose vif illumina les yeux immenses de mon amie. Des bottes de collégienne, fin des années 90. Un gilet de cuir sans manches ouvert sur ses deux seins magnifiques. Un collant. Une guitare.

Et puis...?

C'est tout.

Mon amie se transforme. Il y a un grand canyon entre deux espaces séparés de quelques centimètres. La scène et le reste.

Mon amie est ce qu'on appelle une bête de scène. Elle rugit, puissante créature possédée par une force qui la dépasse et la contrarie. Elle feule, petite chatte aguichante, quand vient le blanc de la note. Elle bat des cils. Elle carresse l'instrument qu'elle tient entre ses jambes comme une bite revendiquée.

"Allo..?"


Mon amie est une femme comme on n'en rencontre pas trois fois dans une vie. Mon amie est une bête, une lionne, un éléphant. Mon amie aurait pu repeupler à elle seule la Terre après le Déluge. Multiple. Il y a du solaire dans ses parts d'ombre. Du brisé dans son corps diurne.


"J'ai une crise d'angoisse, je sais pas pourquoi..."

Et puis... Le noir.

La musique. Encore.
Je ne comprends pas cette force. Je ne la comprendrai jamais.
Je ne comprends pas.
Cet éclat qui a jailli quand la tête de mon ami s'est rejetée en arrière. Quand son regard a balayé la scène.
Ailleurs. A la fois tout à fait le même et tout à fait un autre.
Un homme heureux.
Je ne comprendrai jamais.

Il est des forces qui me dépassent et m'obsèdent. Des choses qui ne se partagent pas. Des séparations d'un mètre. Et tellement plus encore.

Et puis..?

C'est tout.

J'aurais bien aimé que les choses soient simples. Fluides.

J'aurais bien aimé un sentiment évident.

J'aurais bien aimé être moins amoureuse.



"Allo..?"

lundi 12 novembre 2007

Home sad home

J'vous ai pas raconté?

Si?


En fait, je n'ai rien demandé. Rien.

Je n'ai pas demandé à partir à la découverte de l'autre (ou d'une autre) partie de mon monde.

Je n'ai pas demandé à marcher penchée à 45° sur le pont d'un voilier.

Je n'ai pas demandé à rencontrer toutes ces personnes, à la fois si libres et si
perdues, qu'il leur est impossible de savoir quelle est leur place. Et où elle
se trouve. Surtout.

Je n'ai pas demandé à m'attacher à tout celà.




J'vous ai pas raconté?

Si?

Je fais partie de ces personnes qui sont très bien là où elles se trouvent.
Qui sont encore mieux dans les endroits nouveaux.
Qui sont déchirées des départs.
Qui sont déchirées des retours.




J'vous ai pas raconté.

Je suis de retour...

vendredi 2 novembre 2007

Comme on s'aimerait...

On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver cette possibilité merveilleuse.
D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut échapper à soi-même.
Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où.

On prend ses cliques et ses claques et on s'en va: le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers.

On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.


A.Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam