jeudi 27 décembre 2007

Epidennui

Bien bien bien bien bien...

...
Pas eu trop d'appels Thérèse?

...

Ben voilà.

Et parfois, je me souviens aussi. Le kéké au bord de la mer de mes 14 ans qui sillonait la plage. Oeil armé et lipe en batterie. "Wow! Y'a rien là?!"

Ben non chouchou.

Depuis quelques jours, oh, pas longtemps, peut-être toujours, des souvenirs remontent en surface. Je me promène en lisière de mémoire. C'est une balade agréable en hiver. Dans la lumière grise ...

Ah! Téléphone!!
Nan nan c't une blague! Arff!

Ah bah bravo!


Dites donc Thérèse, pour un soir de Noël, c'est tout de même très calme.

...

Thérèse..?

...

Oh mon dieu! Thérèse!!!



D'un coup, j'aurais bien envie de reprendre à Baby cette réplique culte...

Attention!!

Pendant un an j'ai cru que j'avais une mononucléose...
Alors qu'en fait c'était juste de l'ennui profond.



jeudi 13 décembre 2007

Carambar style

J'aurais bien pensé en "carambar style"...
Deux petites papillottes entortillées sur elles-mêmes, un coeur caramel qui s'enroule autour d'une langue gourmande. Qui coupe et pique si on le laisse sécher tout seul.

Fritch fritch..

Qu'est-ce que c'est? Oui oui je m'ouvre oui ouiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!!!

Et voilà. J'ai le goût du caramel et je colle aussi. Un peu.

Je penserais bien en "carambar style"...
Les petits bonbons de l'existence. Qui déposent sans jamais se tromper un peu de poudre sucrée sur les coeurs meurtris. Les flancs de la tasse aux arabesques du chocolat chaud que je viens de boire. Les fringues de filles tous neufs. Enfin. Un peu de couleur. Un peu de chaleur.
Un parapluie orange.
Ou jaune.

Je pense en "carambar style"...

Blagues incluses.

jeudi 6 décembre 2007

Kalashnikov... Dialogue in

Et tout ça à base de pop pop pop pop!!

Dring!!!

Oui oui ça va on vient

samerlipopette ce qu'on peut m'emmerder


non j'te jure, je ne jure jamais

Moi je trouve juste qu'on en fait un peu trop



Oui bon d'accord, on se dit... Non c'est pas ça. Tu vois? J'sais pas si j'suis claire... Si? Aaaah bon tu me rassures. Parce que vois-tu j'avais cette impression de confus, de pas bien en place, bref. Non non? Ouf!

Et puis bon, c'est pas la mafia russe non plus. Quel rapport? M'enfin c'est évident... Pffff. Démonstration!


Tu goûtes le brotsch

Encore un nom sorti des mes $*%§¤

non j'te jure, je ne jure jamais


Reprenons. Bref. Tu goûtes ce que tu veux, mais alors si tu savais comme je m'en fous!! Ce que tu veux j'te dis!! Tu manges pas? T'es pas bien? C'est pas bon c'est ça?
Ben à ce niveau, la mafia russe elle t'a déjà plombé ta gueule!!!

Parce que bon, ça chipote ça chipote... C'est pas des épinards tout de même!!! C'est du sourire!!


On leur dit un truc gentil et c'est à se demander s'ils préfèreraient pas se tirer une balle...


Bang Bang!
My baby shot me down....



Oh ça va quand même...

Ben ouais, tu rigoles ou quoi? On est pas chez Racine...

vendredi 23 novembre 2007

Le pyjama

"Tu vois Titi, le lapin, 'faut l'attraper pis tu lui donnes un coup derrière la tête...
Mais non il tremble pas... enfin..."



Et vas-y que ça mijote, hop! hop! moutarde-crème fraiche... Hummm slurp gloups et toute cette sorte de choses.

Et puis qu'est-ce qu'il faisait chaud là-dedans, on avait les joues roses et les yeux brillants...



Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin



En réalité, je m'en fiche d'avoir vu l'emballage rouge Norme NF sur l'étagère. J'avais les seins comprimés par sa main et le souffle silencieux de son corps contre le mien. Mal au dos...
On avait les yeux qui piquent et les cheveux puants de fumée.
C'était un chouette moment et puis... Oh la la Machin va faire un tour tu vois pas qu'on joue à Tarantino? Les scènes de filles? Celles où l'on se raconte l'élan de nos sexes et le souffle de nos coeurs. A grand coup de "mother fucker"!! Faut y aller purée!!



"Bon! une fois qu'y bouge plus, tu le pends par les pattes.
Fais attention Titi t'approches pas ça coupe fort...
Tu vois? allez tire dessus. Enlève lui son pyjama"



Ben l'ambiance en fait, c'est plutôt comme à la maison. Ambiance dimanche après-midi. Ouais en pyjama toute la journée. Du coup je lui pique ses chemises.


Parce que je ne mets pas de pyjama moi héhé.

lundi 19 novembre 2007

Simple comme un coup de fil

"Allo?...
- J'ai une crise d'angoisse, je sais pas pourquoi..."


Et bien moi non plus, je ne sais pas pourquoi.
Ou peut-être que si. Finalement.

J'aurais bien aimé que les choses soient simples. Fluides.

J'aurais bien aimé un sentiment évident.

Et puis...


Le noir.
La fumée.
La poudre.

Un rose vif illumina les yeux immenses de mon amie. Des bottes de collégienne, fin des années 90. Un gilet de cuir sans manches ouvert sur ses deux seins magnifiques. Un collant. Une guitare.

Et puis...?

C'est tout.

Mon amie se transforme. Il y a un grand canyon entre deux espaces séparés de quelques centimètres. La scène et le reste.

Mon amie est ce qu'on appelle une bête de scène. Elle rugit, puissante créature possédée par une force qui la dépasse et la contrarie. Elle feule, petite chatte aguichante, quand vient le blanc de la note. Elle bat des cils. Elle carresse l'instrument qu'elle tient entre ses jambes comme une bite revendiquée.

"Allo..?"


Mon amie est une femme comme on n'en rencontre pas trois fois dans une vie. Mon amie est une bête, une lionne, un éléphant. Mon amie aurait pu repeupler à elle seule la Terre après le Déluge. Multiple. Il y a du solaire dans ses parts d'ombre. Du brisé dans son corps diurne.


"J'ai une crise d'angoisse, je sais pas pourquoi..."

Et puis... Le noir.

La musique. Encore.
Je ne comprends pas cette force. Je ne la comprendrai jamais.
Je ne comprends pas.
Cet éclat qui a jailli quand la tête de mon ami s'est rejetée en arrière. Quand son regard a balayé la scène.
Ailleurs. A la fois tout à fait le même et tout à fait un autre.
Un homme heureux.
Je ne comprendrai jamais.

Il est des forces qui me dépassent et m'obsèdent. Des choses qui ne se partagent pas. Des séparations d'un mètre. Et tellement plus encore.

Et puis..?

C'est tout.

J'aurais bien aimé que les choses soient simples. Fluides.

J'aurais bien aimé un sentiment évident.

J'aurais bien aimé être moins amoureuse.



"Allo..?"

lundi 12 novembre 2007

Home sad home

J'vous ai pas raconté?

Si?


En fait, je n'ai rien demandé. Rien.

Je n'ai pas demandé à partir à la découverte de l'autre (ou d'une autre) partie de mon monde.

Je n'ai pas demandé à marcher penchée à 45° sur le pont d'un voilier.

Je n'ai pas demandé à rencontrer toutes ces personnes, à la fois si libres et si
perdues, qu'il leur est impossible de savoir quelle est leur place. Et où elle
se trouve. Surtout.

Je n'ai pas demandé à m'attacher à tout celà.




J'vous ai pas raconté?

Si?

Je fais partie de ces personnes qui sont très bien là où elles se trouvent.
Qui sont encore mieux dans les endroits nouveaux.
Qui sont déchirées des départs.
Qui sont déchirées des retours.




J'vous ai pas raconté.

Je suis de retour...

vendredi 2 novembre 2007

Comme on s'aimerait...

On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver cette possibilité merveilleuse.
D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut échapper à soi-même.
Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où.

On prend ses cliques et ses claques et on s'en va: le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers.

On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.


A.Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam

samedi 27 octobre 2007

SINDONEMO, Part IV

Je crois qu’à un moment, il faudra qu’on m’explique ce que je fous là. Ou alors, il faudra que je trouve toute seule.

Ce que je fous là, essayer de faire marcher Quick Time, ne pas – surtout pas – écouter l’émission de télé, à me demander ce que je ferai l’été prochain, j’y vais j’y vais pas et puis quoi encore…

Et qu’est-ce que c’est que la Toxine Botulique ?
Et tu sais que la nuit dernière, je n’ai pas dormi ou si peu, le vent s’est engouffré dans le port et son image dans mon esprit. Mon envie de lui. Nous sommes sortis vers 2h du matin. Détendre un peu les amarres, attacher la balancine et je ne pensais qu’à son corps contre mon dos. Presque 60 nœuds de vent. Au beau milieu d’un port.

C’est intelligent ce qu’elle dit cette fille.
« Tu cours après quelque chose non ? »
C’est vrai ça. On court après quelque chose non ?

Je crois qu’à un moment, il faudra qu’on m’explique après quoi je cours.
Ou alors il faudra que je trouve toute seule.

Il me manquera. Du coup, je lui courrai après.
J’aime beaucoup son nom. Il signifie Fraternité.

C’est une jolie langue l’Espéranto.

Je crois qu’à un moment, il faudra qu’on m’explique la part d’ombre et la place du solaire en chacun de nous. Où se situe la limite. Et pourquoi les mots viennent plus facilement avec Bach qu’avec Mozart.
Ou alors il faudra que je trouve toute seule.
Le temps de la dualité n’est pas fini. C’est un flux suivi d’un reflux. Inexorable. Incessant. Infatigable et si fatigant.

Ma préférée c’est la Suite pour violoncelle n°1. La plus connue. Ce n’est pas ma faute. Elle m’a tant plue que je n’ai pas été chercher plus loin.

Novembre approche et les moustiques sont morts. Il commence à faire froid.
Personne ne dort.

A l’heure où les lions ne vont pas encore boire, la part d’ombre est libérée par Bach.

C’est un lever de lune sur l’eau tranquille. Où l’on se prend à penser. Un peu de ci, pas mal de ça. Je n’ai pas bu et l’alcool rend lubrique. Décalage.

Le bateau est le lieu de l’expression de la limite entre diurne et nocturne. Il faut un rythme.

Je crois qu’à un moment, il faudra qu’on m’explique ce qui peut nous pousser à entreprendre de tels voyages intérieurs. Le sexe. Le départ. La chute. La fin. Le besoin.
Ou alors il faudra que je trouve toute seule.

Je n’ai jamais été aussi proche de la toucher cette nuit. Les contours de la béance sont au bout de mes doigts dansants. Puis ils s’échappent, c’est le soleil qui les fait fuir. C’est la fugue. Bach me sauve.

Je n’ai pas encore fini. Je la trouverai ma nuit. L’équilibre.

Mon bateau s’appelle Sindonémo. C’est de l’Espéranto.

dimanche 21 octobre 2007

Oh les beaux jours...

Ce sont d'abord des mains. Qui cachent une force mésestimée.

C'est une odeur. Epicée. Sucrée. Savoureuse.

Ce sont des soupirs. Etouffés dans la peau. Nécessité du silence.

Ce sont des mots. Qui ne sortent pas. Comme cachés. Comme hachés.

C'est un corps d'homme. Fuselé. Puissant.

C'est une pudeur de l'âme. Qu'on pourrait croire ignorée par le corps.

C'est faux.

Le corps qui donne le change. Emouvant.

C'est une douleur. De mes membres fatigués par lui. Mais heureux.

C'est une bouche gourmande. De fille. Charnue.

C'est un souffle. Un baiser dispersé sur mon corps.

C'est une douleur. De mon cou cassé pour l'atteindre.

C'est une trace. Une marque au fer rouge.





C'est une aube.

jeudi 18 octobre 2007

SINDONEMO, Part III

Ils m'auront assaillie les moustiques cette nuit.

De toutes façons, je ne dormais pas. Alors.

Réminiscence. Encore le Sud.

Je vais mieux, ça y est. Il y avait du soleil ce matin.

Et puis, un peu plus loin, un peu plus tard, j'ai repris mon travail au goût de café, d'éveil et de tabac. Comme si c'était désormais intégré. Comme à chaque fois. L'habitude. Le plaisir de sentir que l'habitude est née au bout de trois semaines.

Je dis "mon bateau". Je n'ai pas de maison pour l'instant. Un bateau. Mon lieu de vie. Comment pourrais-je dire autrement?

Les amies m'ont accompagnée à la gare du départ. Elles m'ont dit quelque chose.

Mes amies sont un peu sorcières.






Je n'ai pas envie de partir.

lundi 15 octobre 2007

Maman... Demain

attic dust
finding my mother's
footsteps

poussière du grenier
je trouve des traces de pas
de ma mère

John O'CONNOR

vendredi 12 octobre 2007

La meilleure façon de résister à la tentation...

A l'aube d'un nouveau quoi qu'il en soit, il est temps de revenir sur certaines choses.

J'ai eu un instant la tentation de chercher, de retomber dans ce que j'appelerai la recherche masochiste de l'Autre.
Savoir où il est, ce qu'il fait, s'il pense à moi.

J'ai eu un instant la tentation de replonger dans les souvenirs des moments passés en sa compagnie.

Et je n'ai pas résisté.

Je sais que rien ne vaut le grand déballage. Et puis... rien. Comme si je n'avais pas envie. Comme si ça se faisait contre moi et j'ai encore le goût sucré de l'alcool dans ma gorge et un autre. Différent. Inédit.

La sodomie, on disait réviser l'alphabet. On butait sur le Q alors vous voyez...

Qu'est-ce qui manque le plus?
Impossible de le savoir.

Alors j'ai lâché les voiles.



Je voudrais qu'il me manque tout en sachant que je ne le supporterais pas.

Il ne me manque plus encore.

samedi 6 octobre 2007

SINDONEMO, Part II






Voilà.

Il faut revenir à l'essentiel. Quand vient le moment de...

De quoi en fait?

On n'en sait rien. On sait juste que quelque chose se passe.


Maintenant.



Il y aurait tant de choses, tant de visages, tant de mots. A compiler, à empiler les uns sur les autres.



Il y a un ronronnement régulier dans le ventre de la grosse femme.
La musique est bonne. Le fauteuil confortable et le ronron familier.

Comment tout cela a-t-il commencé?

Je suis comme la grosse femme attachée au trottoir. Entre deux. Ni tout à fait en mer, ni tout à fait sur terre. Je reste sur le bateau, comme si j'avais peur de descendre. Au chaud dans le ventre de la grosse femme. Je suis comme une bite qui aurait découvert l'intérieur de la femme pour la première fois. A la fois à ma place et pas chez moi. Entre deux.

J'attends que la connexion se fasse.

Il faudrait revenir à l'essentiel. Vider les placards et faire une grande braderie. Tout à 10 euros et ce qui ne part pas, on le jette.

J'apprends. A rester à quai. Et j'ai le mal de terre.


Je pense qu'il était temps. Et je sens que le départ est profond. Il faut prendre une grande inspiration avant de réaliser.

Tu sais, le temps de la dualité est passé. Il fallait partir pour apercevoir l'essentiel. L'unité de l'être. Comme la ligne d'horizon confondant ciel et mer par temps gris. On ne sait plus très bien.

Ce que je sais désormais, c'est que la liberté coûte très cher et que j'ignore si je peux en payer le prix.


L'éloignement, une forme pernicieuse de solitude, l'ennui parfois, les pensées qui tournent en rond.

Pour...

La vie en équilibriste à 45°, la vitesse du vent, le bruit des voiles, la force, le sang-froid et le détachement, l'intensité des moments.

J'ai tenu la barre, il y avait beaucoup de vent. On n'avait pas pu ramener le jennack, il trainait, gonflé d'eau par 15 noeuds de vent. "Tiens la barre!" Puis, je l'ai lâchée. J'étais sur le pont, il pleuvait et nous avons remonté la toile tous les trois.

Puis le calme est revenu. Mes mains tremblaient.

Après, nous avons bu du café et je suis rentrée dans le golfe, je tenais la barre, on avait ramené les voiles et le ventre de la grosse femme ronronnait.
Je tirais la langue et je devais me tenir sur la pointe des pieds pour voir le bateau qui me servait de repère.

Le tissu de l'existence est bien plus complexe que l'on ne veut bien le croire, il est riche de mille nuances, il est lisse par endroits, grainé aussi. Il prend la teinte du ciel qui se couvre et scintille par moments.

Il est temps de revenir à l'essentiel.

Revenir?

jeudi 4 octobre 2007

SINDONEMO, Part I

Comme il est difficile d’avoir une pensée continue. Rien n’est lisse.
Le voilier roule sans cesse d’un flanc sur l’autre comme une grosse femme malade. Sans équilibre.

Comme il est difficile d’avoir une pensée régulière. Une vague mélancolie.

Peut-être.

Ricocher d’un flanc sur l’autre. Maintenir l’équilibre.
Un coup la mer, un coup le ciel.

Et je ne sais plus quoi faire. Il faut retrouver ce pourquoi on est là. Qu’est-on sur le moment ? La question de la place en ce monde. Se pose ici.
Je ne sens pas le point d’encre. Je ne sens plus que mes flancs qui roulent au rythme de la houle. Un fil invisible relie ma tête, mon cœur, mes pieds sur le teck.

À la fois ici et ailleurs. Nul ne sait. Le pourquoi.
À la fois riche et difficile.
Devenir quelqu’un de meilleur.

Commencer par rouler sur les flancs comme une grosse femme malade. Sans équilibre. Attendre le point de rupture. Et la vie sera lancée.

Peut-être.

C’est une puissance solitaire que l’on puise au fond.
Là, en bas.
Le courage. La force. Le calme. La paix, enfin.

Peut-être.

Attendre la nuit tombée sur le teck. Sentir le souffle, les murmures des voix. Là, en bas. Qui glissent sur la peau comme l’eau sur les écailles. Afin d’avancer. Enfin.

Peut-être.

Puiser la force, l’état second qui libèrent les mots et les font apparaître sur l’écran blanc. Comme une peau se marque de bleus à chaque coup, l’esprit se noie d’eau de mer, de vent et roule sur les flancs comme une grosse femme malade.
Au bout d’un moment, on oublie le mouvement, on fait corps avec lui. Tout peut alors voler en éclats.

Peut-être.

On oublie alors le pourquoi.
Les repères disparaissent et se dissolvent contre la coque, à chaque passage de la houle. Je voudrais m’évaporer dans une gerbe de mer et ressortir luisante et solide. Je veux tirer sur les bords et m’arracher les flancs contre toute cette eau.

Peut-être.

Boire complètement cet état second qui me traverse et m’en rendre malade. C’est dans l’eau qu’on creuse le mieux finalement.

Peut-être.

Rouler sur les flans comme une grosse femme malade. Toucher au fond. Là en bas. L’identité.

Peut-être.

Alors tout volera en éclats. Attendre que la vaisselle inutile de l’âme se pulvérise. Et retombe en fine poussière sur le corps tanguant sur le teck. En aspirer les particules, remplir son cœur de ce sang ressuscité et boire à cette vie qui recommence.
À la tienne camarade !

En attendant, laisse toi enivrer par le roulis de la grosse femme malade.
Le cœur monte et descend au rythme de la houle.
Et sois patient, tu verras un matin le scintillement des gouttes de soleil sur une eau à peine troublée. La grosse femme malade t’ouvrira les bras dans une formidable amplitude. Tu sentiras un souffle léger au moment où tes paupières se rejoindront. Tu entendras battre ton cœur au milieu d’une flaque d’huile. Tu seras assommé de tant de beauté. Tu pleureras de l’eau de mer et tu en lècheras les gouttes. La boucle sera bouclée.

Peut-être.

mardi 11 septembre 2007

Un peu de courage

Si j'avais été plus courageuse, j'aurais dit...

Qu'à celà ne tienne! Il n'y a rien à craindre de rien. Nos coeurs peuvent bien se briser en mille morceaux, nos yeux s'assêcher à force de trop penser, peu importe puisque là n'est pas l'essentiel.
L'essentiel mon amour c'est que quand je te vois, le monde prend un sens différent. Je ne t'ai jamais dit comment je suis tombée amoureuse de toi. En une phrase en fait. Rien de bien affolant.
Tu n'habites pas à 1500 mètres d'altitude. Tu habites 1,5 km plus près du soleil.

C'est tout?
C'est tout.

C'est une histoire de regard.

Si j'avais été plus courageuse, j'aurais dit...

Mais enfin, si toi tu attends l'amour d'une femme qui refuse de te sucer, de se faire prendre comme ci, de te baiser comme ça, de se donner à toi et de te donner à entrevoir ce que tu es, cet homme merveilleux, dense et émouvant... Si tu attends celà de moi, je ne peux pas te le donner. Je refuse.

Si j'étais plus courageuse, j'aurais dit...

Si je t'aime, je ne te fais pas de mal. Si je t'aime, je ne te martyrise pas. Si je t'aime, je t'aime entier. Ta bouche, ton âme, ta queue, ton coeur, tes humeurs, ton rire, tes doutes, tes certitudes, ton âge, ta fougue, le grain de beauté sur le bas de la paupière gauche, la bosse de ton nez, les pas de danse ridicules, la bagnole pourrie, la maison en travaux, les anciennes histoires et celles à venir, mon reflet dans les yeux qui se ferment, le nom qui sort de ma bouche, en cris ou en murmures...

Si je t'aime, je prends tout. Si je t'aime, c'est que tu es un homme qui mérite d'être aimé.

Mon Bienaimé.





lundi 10 septembre 2007

The place to be

C'est un lieu, où il est absolument impossible de se concentrer. Trop de monde.

Et pourtant.

C'est un lieu, où il est absolument impossible de ne pas se sentir seul. Absolument seul.

C'est un lieu insupportable.

Et pourtant.

Ça commençait à bien faire de rester à attendre. Que le ciel me tombe sur la tête.
Je crois que la perte des derniers récits a été plus importante que je ne voulais le croire.
Comme si maintenant, une crainte s'insinuait dans chaque touche, lui conférant un poids particulier. Enfoncer à chaque appui de mes doigts sur le clavier, la possibilité de disparaître.

Et pourtant.

Bon nombre de ceux que j'ai cotoyé par l'écriture et la lecture, ont préféré migrer ailleurs ou carrément cesser d'écrire. D'un coup, ça devient vain cette histoire.
Il est impossible d'arrêter. Pourtant.

Alors, inlassablement, je retourne dans cet endroit moche et saturé de personnes. C'est un tout petit lieu.

J'y croise de drôles de poissons dans leur bocal téléphonique, des bébés sanglés aux poussettes qui crient parce qu'ils fait chaud depuis deux heures qu'ils sont ici, le temps que la connexion se fasse, qu'un poste se libère; parce qu'ils sont fatigués, qu'ils ont soif.

Je vois le parcours de guerre du jeune (très jeune) voisin qui parle au casque-micro. Comme dans une vraie mission au Proche-Orient.
Tête qui tourne.

C'est un peu vain tout ça.

Et pourtant...

vendredi 7 septembre 2007

Vague à bond

On dirait du ping-pong cette histoire.

Rebondir, ping! d'un espace à l'autre...
J'ai hésité longtemps avant de refermer la porte. Je me disais, pong! et toute cette peinture écaillée. Que j'aime. Que je quitte.
Et ces voisins. Essentiels, généreux. Que j'aime. Que je quitte.

Pas tout à fait.

Ping!

Elle reviendra cette vieille histoire de flux et de reflux. L'aller-retour prend une place de plus en plus importante.

Quand on commence à écrire,
on découvre le continent qu'on va
explorer le reste de sa vie.
Pourquoi pas?
Pong!