mardi 10 avril 2018

Les justes n'ont rien à prouver.

Comme des gorilles dans des brumes qu'ils auraient eux-mêmes fabriqué. des brumes aux odeurs acres et piquantes, de celles qui font sortir les mouchoirs et éclater les sillons de sang au fond des yeux.
Comme de gros crabes malfaisants en plein cœur du bocage.

Les justes n'ont rien à prouver aux faibles. ce pourquoi les faibles déploient l'intensité de leur force dans la bagarre, et elle sera violente à n'en pas douter. Parce que les justes n'ont rien à prouver.
Il n'est pas besoin de prouver qu'une terre se respecte et se cultive plutôt que de la laisser engloutir sous les chenilles des prédateurs du béton, il n'est pas besoin de prouver qu'on ne devrait jamais matraquer ses enfants, ni maltraiter ses vieillards, il n'est pas besoin de prouver que lorsqu'un pouvoir outrepasse ses prérogatives et violente ses populations, elles ont pour devoir de ne rien lui prouver, si ce n'est leur détermination à lui résister, voire à le combattre.
Les justes n'ont rien à prouver aux faibles, et n'ont de justification à donner qu'à eux seuls et à l'humanité qui survit en eux.

lundi 12 mars 2018

Une occas' pareille

Je m'étais demandé ce qui ce serait passé si elle était finalement venue ce soir là. Je ne sais pas si elle serait venue. Une occas' pareille, c'était presque trop beau pour être vrai. Et puis elle n'est pas venue, on a pas évoqué la question d'ailleurs. Elle était disponible mais trop loin de toutes façons. Je me suis demandé ce qui ce serait passé. Rien. Elle ne serait pas venue parce que je ne lui aurait rien dit du tout. On aurait parlé de nos enfants.On se serait consenti une bise malvenue. On aurait baigné dans une eau pas assez trouble et en même temps trop instable pour faire advenir la moindre lueur. On se serait teint de glauque et de triste. On aurait pu baiser certes. 


Je me suis demandée ce qui se serait passé si il m'avait finalement rejointe. 
J'avais mon scénar tout prêt, tout emballé, prête j'étais. Et s'il m'avait rejointe. 
J'aurais laissé ma panoplie de mother et de compagne dans le coffre de la bagnole, 
bien pliée avec la photo de mes enfants et mon téléphone éteint.
Une occas' pareille, ça se prend pas à la légère.  
On aurait baisé c'est sûr, et je me serais oubliée ça c'est certain, parce que j'en avais envie.
De retrouver avec toi les paradis perdus.


Je m'étais demandé ce qu'elle cherchait, à retirer sur le fil, à me cueillir au moment où je m'y attendais le moins, avec son impudeur, et sa retenue en même temps, à mi-chemin entre la timorée et la garce à tendance allumeuse intello. Je m'étais demandé si elle m'aimait. 


Je me suis demandée ce que je cherchais, à retirer le fil. 
Je me suis demandée ce que j'avais à lui larguer des trucs aussi engagés et 
aussi prudents en même temps, comme une chorégraphie de tango,la volonté 
en suspension au dessus du parquet, en caresse du bout de la chaussure.
Je me suis demandée si je l'aimais.


Une occas' pareille, ça ne s'était pas présenté très souvent. Je me suis demandé comment on aurait baisé, si nous nous étions trouvés. Je me suis demandé si elle serait chiante une fois qu'on aurait terminé, si elle voudrait qu'on se revoie, si elle me dirait des grands mots, si elle me laisserait reprendre mon cours. Je me suis demandé si j'aurais envie de la revoir. Moi.

Une occas' pareille ne se présente pas tous les jours. 
Je m'étais demandée s'il m'aurait encore plu, si le voir m'aurait autant excitée que l'attendre,
 si ma mémoire de son corps était bonne. Si mes sensations ne m'auraient pas joué de tours. 
Je me suis demandée qui aurait baisé l'autre dans cette histoire. Si nous aurions pu, à nous deux, faire autre chose que de baiser chacun pour soi, dans ses souvenirs. 
Je me suis demandé s'il serait distant, fuyant,mal à l'aise et malheureux
Je me suis demandée si j'avais envie de le revoir. Lui.





La vérité c'est que j'aurais bien baisé avec lui mais que je ne me serais pas laissée baiser, ça c'est certain, la vérité c'est que j'avais presque envie de me baiser moi-même à travers lui, de me servir de son corps inoublié pour réparer le mien, la vérité c'est que j'aurais bien eu envie de lui donner une envie de moi irrépressible, la vérité c'est que je n'ai toujours pas confiance en ce corps, en cette personnalité qui est la mienne, et dont je connais le pouvoir, oui oui le pouvoir je déconne pas, la vérité c'est que si un jour je décide de lâcher les chiens, il y aura de la viande aux murs et que je me retiens depuis tant d'années, et la vérité c'est qu'à ce moment là l'occas' était trop belle et que c'est vrai que pour moi ç'avait été flamboyant comme jamais, enfin vu de ma fenêtre, tellement flamboyant que je m'étais sentie pouvoir lâcher un peu les chiens et que c'est ma propre viande que j'avais retrouvée dégoulinant sur les murs, et qu'à compter de ce moment je m’étais plus jamais laissée baiser, jamais, et qu'à dire vrai ça me manque un peu quand même et que là l'occas' était parfaite, parce que cette osmose avec moi même, je la connais, je la recherche, je la piste, je me serais sentie moi-même, je me serais ré-agrégée en quelque sorte par la bite même de l'homme par lequel je m'étais désagrégée et j'ai conscience que c'est tordu comme conception d'une séance de baise, mais bon c'est parce que là l'occas' de digression est trop belle et que c'est pas si courant que ça, la vérité c'est que tout ce que je te raconte, tu ne t'en serais même pas rendu compte, parce que mon chéri je t'aurais baisé comme je n'ai jamais baisé personne à part toi, parce que chacun est spécial et que ce qui t'appartient est à toi et à personne d'autre, y compris mes gestes à ton endroit, même ma voix change quand je lâche les chiens, même mon imagination ne m'appartient plus et je m'abandonne sans retenue à celui qui se trouve alors entre mes bras et mes jambes, la vérité c'est que j'aurais souhaité retrouver avec toi mes paradis perdus.


Je me suis demandé si je ne m'embarquais pas dans un truc compliqué et destructeur, si l'occas' en valait la peine. Je me demandais si j'arriverais à rester tranquille.


Je m'étais demandée si l'occas' en valait la peine. J'hésite. Parce qu'une occas' pareille...

 
 


Moi, les femmes

Et que si j'ouvre la bouche au maximum, elle m'engloutira et me fabriquera un nouveau visage.
Je voudrais parler de tout ce qui s'ouvre.

Les portes
Les frontières
Les jambes
Les yeux
Les cœurs
Les consciences
Je voudrais parler de l'excitation
Rythme qui s'emballe
Mains qui tremblent
Et ça gonfle,
Le clitoris

J'en ai vu un en vrai il n' y a pas si longtemps et merci l'imprimante 3D
Dire les droits des femmes sur ce petit bout de machin avec sa double paire de couilles
Merci l'imprimante 3D
Je voudrais parler de cette soirée entre femmes
Un centre social, une cité, la nuit
L'assemblée des mamans.
Je voudrais parler de leurs cheveux, de leurs belles tenues, de la lumière dans leurs yeux, de leur douceur, de leurs rires étouffés à la vue du clitoris
Merci l'imprimante 3D
Je voudrais parler de leurs yeux ronds, de leurs éclats de rire à la vue de Maria Pacôme
"Moi, ta mère, je m'en fous comme de l'an 40"
La complicité et ma propre découverte. L'excitation du moment. La joie. La connivence.
Je voudrais parler des hommes.

J'ai compris ce soir-là que la frontière entre nous était bien plus mince que je ne le pensais. Parce que le fonctionnement est le même
Physiologiquement

Et que si j'ouvre la conscience au maximum, elle m'engloutira et me fabriquera un nouvel être, une nouvelle ère.






lundi 5 mars 2018

Leisure Seeker, Dialogue in

A quoi ça tient de se sentir une femme en vie?
A quoi ça tient d'avoir des pensées en fusion?
Toi t'as kiffé Leisure Seeker, right?
A quoi ça tient parfois quand un morceau de musique sonne d'un coup
Juste
Voilà
Et quand Bobby McGee m'a
Chatouillé l'échine
Freedom's just another word for nothin' left to loose
Et puis aussi dans ce restau entre les larmes de ma copine
Et moi je suis tombé
Non?!
Si!
En esclavage?
A quoi ça tient d'être une femme sur ses deux jambes
Et la main de Bobby sur ma nuque
Tu la trouves comment ma nuque?
Suffirait de changer une voyelle
S'agirait, ouais ouais
Freedom's just another word for
Nothin' left to loose
 

vendredi 9 février 2018

Lire Winnie

Winnie et ses amis vivent dans la forêt des rêves bleus.
Dans la forêt des rêves bleus, un pneu se balance au bout d'une corde, balançoire de bonne fortune pour tous les habitants. Le vent la pousse gentiment d'un souffle, elle tournoie en silence au gré de ses soupirs et des caprices des feuilles envolées autour d'elle. 
Dans le terrain vague d'un pays qui ne l'est pas moins, un pneu se balance au bout d'une corde, distrait de sa nature de pneu, destinée contraire. Il aurait dû être entassé avec un tas d'autres, ou bien brûlé, que sais-je?
Dans les yeux de la mère, un pneu se balance au bout d'une corde dans un terrain vague. Les pieds des enfants flottent dans des chaussures trop grandes, sans chaussettes, les petites chevilles grises de poussière saillent comme des os de poule. 
Des enfants sans parents se pressent autour du pneu et jouent.
Dans le cœur de la mère, un peu serré il est vrai, les cheveux des enfants sans parents balaient le sol, tout à leur jeu tête en bas. Un plus grand juché sur l'entassement de pneus, comme un héron trop jeune et déjà hors d'âge, observe la scène, veille est-ce que je sais?
Dans les oreilles de la fille, pas de bruit. Les enfants restent des enfants. Ceux là sont trop jeunes pour être hors d'âge. Pour que rien d'autre ne sorte de leurs gorges que le silence consterné qui les a mis à terre, dans un souffle d'explosifs ou quoi que ce soit d'autre.
Dans le cerveau de la femme, il n'y a pas assez de place pour toutes les angoisses à écoper et qui lui noient l'esprit et le cœur et les yeux. 
Dans les rues, aucun pneu au bout d'aucune corde, mais le vent oui le vent qui dépose inlassablement les millions de minuscules flocons sur le sol, les toits, les toiles de tente, les tôles, les cartons. 
Trop jeunes et déjà hors d'âge.
Ces préoccupations... Les enfants s'en foutent. 
Il n'y a pas tant de besoin à satisfaire. Et pourtant... 
Le monde trouve ces besoins trop difficiles à satisfaire. Il faudrait voir si les procédures le permettent. Si ça rentre dans les cases. Si la neige ne va pas s'arrêter de tomber, parce que déjà au niveau des transports c'est la cata alors bon... 
Dans le cœur de la mère, il y a beaucoup de colère, de tristesse, de culpabilité et d'impuissance qui tourbillonnent au gré du vent du soir.
Sa fille s'en fout.
Elle veut boire, manger, câliner sur les genoux, jouer avec les cheveux de la mère, se pelotonner, caresser, fermer les yeux de plaisir, se faire souffler dans le cou.
Et lire Winnie.

jeudi 8 février 2018

Il faut 18 couleurs

Blanc
Vite vite, sortir avant que toute cette neige ne fonde, s'il te plaît, tu le vois pas que j'ai besoin de vitamine D, que je suis exsangue, non non je charrie pas, mes lèvres sont blanches regarde un peu, faut vraiment sortir
Rose
Et puis, craquer un peu, parce que la bricole j'y connais rien et qu'en même temps, on n'est jamais mieux servi que par soi-même et que si je tenais le con qui a écrit une chose pareille, je lui ferai bouffer toutes ces putains de vis que je défais à la main parce que j'ai oublié ce minuscule, cet infime détail de mesures entre deux trous, et puis quoi, s'emporter en solitaire de ne rien savoir faire de ses 10 doigts, nom d'un ours j'aurais aimé apprendre toutes ces choses
Violet
Où t'es tu caché maintenant, est-ce que tu regardes fondre la neige un mince sourire aux lèvres en pensant à je ne sais quoi, mais que j'aimerais bien savoir tout de même?
Bleu-clair
Sous mes pas, ça damait gentiment en crissant et c'était si beau que j'avais pas l'impression d'être chez moi, non pas que chez moi ce soit moche, mais ça n'est pas beau non plus et ce bout de parc avec ce chemin bitumé qui avait disparu avec uniquement les traces des chiens et des oiseaux, ce froid magnifique pour qui est bien couvert, et j'ai pas pu m'empêcher d'avoir un poids dans l'estomac à l'idée que je le savourais ce froid cotonneux
Gris
Comment on fait quand rien n'est d'équerre et que le lever de rideau est prévu pour demain ou presque, comment on fait sans trembler comme une feuille dans le vent, sans se découvrir des courbatures ici, des difficultés à respirer là, des envies d'îles désertes avec tout le temps qu'il faut pour être prêt, de l'école buissonnière dans les yeux et des cris de corbeaux dans les oreilles?
Bleu outremer
Deep blue see
Vert émeraude 
Pour la première fois, ressentir la confiance inepte que rien n'est très important, peu importe d'être opérationnel, quel mot vulgaire d'ailleurs. Éprouver la tranquillité alors que la neige fond au soleil, et que cette métaphore est très juste au regard de la fragilité de l'édifice que je bâtis. 
Vert blanc
J'attends le printemps, et mes plantes sont en train de geler sur pied
Vert jaune
J'avais écrit vert jeune, et penser à toutes ces nuances me fait apprécier une chose que je sais faire de mes dix doigts, finalement, et peut-être pas qu'une. Savoir caresser la neige du bout des doigts sans tout faire s'écrouler, il n'y a pas de petites fiertés tu sais
Jaune
Penser aux oiseaux de Tieri, se dire qu'on est proches malgré tout. Avoir la conviction profonde que des oiseaux peuvent relier de parfaits inconnus entre eux. 
Ocre
Mon bison marchant sous la neige, ou calfeutré derrière sa baie vitrée avec un joint au bec, la fumée épaisse sortie tout droit de ses narines, je le prenais pour un dragon il y a toutes ces années et les mots de  Marceline Loridan-Ivens sur l'amour sont sublimes
Beige
En voilà bien une qui ne sert à rien, une couleur sur laquelle j'ai une opinion tranchée, beige ça sert à rien, mais alors à rien de rien sinon à me faire perdre mon temps, voilà une couleur triste et maladive, sans aucun sentiment que la tristesse et l'approche de la mort, aussi sûrement que les bas des vieilles dames s'affaissent petit à petit et les conduisent au tombeau. Détester le beige à cause des bas des vieilles dames, détester le beige parce qu'on se sent à bout de forces, penser que c'est une couleur sans forces ne t'en déplaise, je déteste le beige
Orange
Orange-moi le portrait!
Vermillon
1,2,3 ! 
Carmin
T'as raison, faut que ça bouge et ça faisait longtemps que j'avais pas parlé d'amour à ma sauce à moi, mais comme j'ai des courbatures c'était un peu délicat, parce que tu sais bien que l'amour est multiple et glissant comme une hydre céleste et lumineux comme des étoiles au fond de l'eau, que je le cherche partout pour lui tirer, qui les oreilles, qui les vers du nez quand c'est pas sur moi que je tire. Parce qu'en ce moment les tréfonds des "l'autres" me sont opaques et me glissent dessus, comme l'eau sur les bâches. Trop occupée... et merde
Terre de Sienne
Terre de mienne, je t'arpente avec joie et appréhension, mais que ton nom est joli
Terre d'ombre
Vite vite, sortir avant que toute cette neige ne fonde... reculer, attendre, rentrer son menton dans la poitrine et fermer les yeux. Inspirer fort. Envoyer balader l'arc en ciel et ses huit couleurs, apprécier la nuance, repenser à ses 18 ans et sortir du
Noir

 
 

mardi 30 janvier 2018

Exilés

Putain!
Mais qu'elle est lourde nom d'un chien!
Combien?
12 kilos
Pffff....
Si si je te promets, elle me pèse sur les épaules.
Putain!
Cours!
Cours!

Ne te retourne pas, surtout pas! il n'y a plus rien à voir derrière, tout est à feu et à sang, les tuiles nous dégringolent sur le gueule et la poussière est plus épaisse que le plus épais des brouillards et putain qu'elle est lourde me dis-je alors que je la porte tranquillement dans ma rue gentiment éclairée alors que le soir tombe.

Elle aime me faire courir alors qu'elle trône dans mes bras, c'est un jeu, elle tressaute de joie dans l'anse que je lui offre. Elle aime me faire courir alors qu'elle est juchée sur mes épaules et putain qu'elle est lourde.

Putain! qu'est-ce qui se passe? 
On s'en fout, prends la dans tes bras, je le prends sur mes épaules et cours! 

Avec l'écharpe et malgré ses 12 kilos, j'arrive encore à marcher d'un bon pas, même dans les côtes, même sur une distance honorable...
Mais qu'elle est lourde nom d'un chien. Vivement qu'on arrive et que je la dépose.

J'en ai assez, vraiment. Tout est trop lourd. Les enfants dans les bras des mendiantes, parce qu'il pleut et que les gosses doivent bien rester un minimum au chaud près d'autres corps. Les enfants sur les épaules de leurs mères, de leurs pères, en exil, parce que des tuiles quand ce n'est pas pire, leur dégringolent sur la gueule. J'en ai assez, vraiment, qu'on doive en passer par la pédagogie pour comprendre qu'une enfant de 12 kilos ne pèse pas lourd dans une rue éclairée et tranquille, même dans la cité, mais que la même gosse de 12 kilos pèse plus qu'un sac de pierres quand tu fuis pendant des kilomètres dans la nuit, le matin, le soir, en montée en descente, si ça se trouve avec pas grand-chose, voire rien dans le bide pour tenir. Le froid, la pluie, la faim, le soleil,  la route, mais putain c'est pas compliqué à comprendre bordel que l'enfant que tu portes sur tes épaules quand tu fuis, et bien cet enfant il pèse une tonne, son poids 12 kilos, pas grand-chose, mais tous les kilos de peur, de doute, de désespoir et d'amour que tu charries en plus, ils sont là aussi. Tout est vraiment trop lourd. Et les exilés sont plus forts que des dizaines d'Héraclès pour passer ces épreuves. Les kilos de dégoût que j'ai dans ma gorge.

Les réfugiés n'existent pas tant qu'on ne leur a pas donné refuge.

Les exilés continuent de marcher avec leurs enfants sur les épaules.
Attendant de trouver refuge.

Tout est trop lourd. Vraiment. J'en ai assez.

Endors toi dans ton écharpe mon amour, Maman a besoin d'air, viens, on va marcher.